La compétence bilingue

La compétence bilingue et l’utilisation de deux langues

Selon Georges Lüdi (1996), il existe une distinction fondamentale entre la compétence bilingue et l’utilisation de deux langues. Alors que certains individus bilingues peuvent parler couramment deux langues mais ont tendance à préférer l’une d’entre elles, d’autres peuvent moins bien maîtriser ces langues mais passer de l’une à l’autre plus fréquemment. Autrement dit, une compétence bilingue fait référence aux quatre dimensions de base (compréhension écrite et orale et expression écrite et orale) d’une langue parlée couramment auxquelles bien sûr s’ajoute la réflexion.

D’autre part il existe l’utilisation d’au moins deux langues. Lorsqu’une personne bilingue change de contexte, la langue utilisée change également. “Au fil du temps et selon le lieu les deux langues d’un individu ne sont jamais statiques mais changent et évoluent constamment“.

Les différents types de bilinguismes

Le bilinguisme idéal n’existe pas. « Il n’existe donc pas un ou le, mais des bilinguismes, des situations bilingues, presque autant de « bilinguismes » finalement qu’il y a de locuteurs (…) » [1]

Voyons les diverses formes de(s) bilinguisme(s) :

Le bilinguisme simultané, c’est l’acquisition de deux premières langues avant 3 ans. L’enfant apprend à parler au contact de celles-ci, et même si il les mélange au début, il commencera à les différencier vers 2 ans, par exemple, entre ‘langue de papa’ et’ langue de maman’ et à exploiter ses ressources en fonction des interlocuteurs. Plus tard, il arrivera à séparer complètement ses deux langues, à déconnecter presque totalement l’une en parlant l’autre, mais aussi, comme nous verrons dans un instant, à “parlerbilingue” selon les conventions de la communauté bilingue à laquelle il appartient.

Le bilinguisme consécutif (ou successif), c’est le cas des enfants qui, ayant grandi dans une famille avec une seule langue, découvrent à leur entrée à l’école, une seconde langue qui est celle de l’école ou celle de la société qui le entoure. Le bilinguisme résultant peut être stable et s’affermir avec l’âge ; la L2 peut aussi rester à l’état de compétence approximative et se fossiliser; dans l’autre extrême, elle remplace la L1 comme langue dominante (p.ex. sous l’effet de la scolarisation).

Si de nombreux enfants sont devenus bilingues par l’une et/ou l’autre voie, ils ne le sont pas tous au même degré (et ceci sans qu’on puisse dire que l’une ou l’autre voie mène nécessairement plus loin). Leur bilinguisme peut, en d’autres termes, être plus ou moins symétrique ou équilibré.

Par ailleurs, on nomme la forme de bilinguisme où la langue maternelle devenue mineure s’étiole en faveur de la langue de scolarisation le bilinguisme soustractif (cf. annexe : Recherches menées par I.L.Child sur les adolescents italiens émigrés aux U.S.A. et Hansegard, sur des migrants finlandais en Suède). Ce syndrome n’apparaît pas lorsque le système scolaire du pays d’accueil et la famille migrante elle-même entretiennent cette langue maternelle [2].

[1] article « Les représentations autour du bilinguisme des primo-arrivants » Gabrielle VARRO, CNRS – LADISIS.

[2] voir plus en détail, documentation sur le bilinguisme soustractif et le bilinguisme additif.

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