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L’influence de la famille, du groupe, de l’école

En tant que parents d’enfants bi-nationaux et/ou bilingues, on s’interroge souvent sur les tendances et choix linguistiques des enfants bilingues par rapport au groupe, ainsi qu’aux raisons de certaines difficultés d’acquisition.

Pour cerner les problèmes relatifs à l’acquisition de la deuxième langue, il faut s’intéresser à ce que la recherche sociolinguistique met au centre de ses analyses c’est à dire à tous les critères d’environnement qui entrent en interaction avec l’enfant. Fishman*, dans son analyse du bilinguisme, reconnaît cinq sphères dans le comportement social: famille, amitié religion, instruction et travail, qui, dans le cas des enfants bilingues, peuvent être réduites à trois : la famille, le groupe des amis (peer group) et l’école.

En fait, l’enfant partageant sa représentation sociale du langage avec les membres de sa communauté, il tissera des relations communicatives plus spécifiques avec les membres de son groupe.

Le linguiste américain William Labov[1], a montré que « …les enfants apprennent le langage avant tout de leurs parents ou des proches, mais que le résultat final de l’apprentissage linguistique n’est pas nécessairement modelé sur la langue des parents, mais plutôt sur la forme des règles dominantes des groupes sociaux avec lesquels ils interagissent librement ».

Dès l’âge de 5 ou 6 ans la différence entre le système linguistique des parents et celui des copains ira en faveur de celui des copains. (ce moment de transition est variable selon les études et peut même être inexistant).

On peut donc admettre que la personne bilingue construit un modèle de langage multi-dimensionnel, activant ses propres styles en fonction de la catégorie de ses interlocuteurs.

Tout cela démontre entre autres que les enfants sont conscients des diverses formes que le langage peut prendre et des divers « groupes » qu’il représente. Par conséquent, ils savent avec efficacité, garder distinct deux langues. Ce qui se dresse contre l’idée préconçue du mélange cognitif des langues. cf Jean Petit : le don des langues. lien vers J.Petit.

[1] William Labov (Etats-Unis, 1927) Le Parler ordinaire. La langue dans les ghettos noirs des États-Unis (Minuit, 2 vol., 1978 ; réédition en 1 vol., 1993).

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