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Offrir une écoute attentionnée

Dans notre société moderne, on rabâche que les enfants sont trop gâtés. Certes, sur le plan matériel, dans des pays comme la France et l’Italie par exemple, il ne s’écoule pas une semaine sans que les parents ne se plaignent de leurs dépenses en vêtements, jouets, cadeaux et autres plaisirs rapides. Beaucoup d’adultes estiment les enfants trop gâtés et « mal éduqués ». Cependant, si on parle d’éducation au sens d’intercompréhension et de la place que les enfants prennent effectivement dans les décisions d’avenir prises par les grands, les enfants sont nettement moins gâtés. Le crédit porté à leurs dispositions se limite aux constats. Chercher à révéler un potentiel linguistique chez un enfant monolingue par exemple relève de la science des docteurs qui peuvent toujours réitérer leur savoir sur un potentiel sous-jacent, ça n’accroche pas, d’autres choses « beaucoup plus importantes » auront une incidence sur le fonctionnement de la société ! Et pour cause : potentiel, c’est déjà virtuel et conditionnel, sous-jacent, n’en parlons pas, il n’est même pas visible : et on le sait, tout ce qui est étranger à la connaissance coutumière crée de la réticence. Dépenser du temps et de l’argent pour des terrains inconnus : non, la société n’est pas prête à faire de vrais cadeaux.

L’équité, un devoir éducatif envers les enfants.

C’est donc dans un soucis d’équité vis-a-vis de l’enfant à qui l’on a tendance à imposer un monde légitimé par la raison des adultes, que se situe ma première motivation. En effet, Il est anormal de constater que face à des faits indiscutables règnent des attitudes arbitraires : Alors que les enfants ont des capacités extraordinaires pour s’approprier le monde, en premier lieu par le langage, l’école française jusqu’aujourd’hui n’a su leur proposer de puiser que dans une seule langue, leur langue natale. Et malgré une histoire linguistique qui avait la vocation de diversité, la scuola italiana, n’a pas su faire mieux. Ne parlons pas des enfants qui viennent d’ailleurs, si ils ne sont pas anglais, espagnols ou allemands, ils auront très peu de chance de trouver la reconnaissance de leur langue et de leur culture et la possibilité de pratiquer à l’école ou ailleurs, ce dans les deux pays.

Malgré une Europe bien décidée et engagée dans la voie du plurilinguisme, des raisonnements ethnocentriques persistent toujours dans les politiques linguistiques de certains pays comme la France. Et, alors que la réalité est marquée par la mixité et les valeurs plurielles, les propositions pédagogiques, entre autre le choix et les méthodes d’apprentissage des langues à l’école, continuent dans la voix de l’unilatéralité et du conventionnel en se fondant sur les intuitions arbitraires de l’opinion publique et des institutions selon lesquels dans la variété l’enfant peut perdre son identité, qu’il vaut mieux qu’il maîtrise le français en France ou l’italien en Italie avant de se lancer dans l’apprentissage d’une autre langue, que le bilinguisme est une surcharge plutôt qu’un atout, alors même qu’il existe des études et des expériences sérieuses dans le monde entier prouvant exactement le contraire.

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